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OCTOBRE


Les feuilles rousses des marronniers
Rougissent et frémissent à l’idée
De quitter
Les bras amoureux de l’été
Les mois d’azur enluminés
D’oublier
D’abandonner sans résistance
De laisser Octobre en souffrance

L’automne a posé sur sa peau,
Frileuse comme unique joyau
Etoilé
Une couronne délicate
Un gracieux diadème écarlate
Et doré
Octobre se livre sans méfiance
Pourtant il sait bien par avance

         Que  la ronde du temps
         Déteint le rouge en blanc
         Et qu’il ne sert à rien
         De faire demi-tour
         De retenir les jours
         D’appeler au secours
        Alors il guette une nuance
        Pour compenser la défaillance

Octobre craint de dévoiler
Devant novembre sa nudité
Imposée
Il recouvre ses hanches d’or
Se pare de rêves d’encore,
Chamarés
Et il maudit sa dépendance
Il a le cœur en dissonance

         Car  la ronde du temps
         Déteint le rouge en blanc
         Et il ne sert à rien
         De faire demi-tour
         De retenir les jours
         D’appeler au secours
        Et je ressens la ressemblance
        D’Octobre et de ma décadence

        Car  la ronde du temps
        Déteint le rouge en blanc
        Et il ne sert à rien
        De faire demi-tour
        De retenir les jours
        D’appeler au secours
        Et je ressens la ressemblance

        Et il ne sert à rien
        De faire demi-tour
        De retenir les jours
        D’appeler au secours
        Et je ressens la ressemblance
        D’Octobre et de ma décadence L

Etoilé

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QUAND J’Y PENSE


Souvent je t'attends aplatie dans le noir
Souvent je fais semblant d'être une ombre et je guette
Le bruit de tes bottes sur l'écorce des trottoirs
Et l'odeur douloureuse de ta chair satisfaite

Souvent je t'entends immobile dans le soir
Suggérer l'aventure à des proies attentives
Souvent tu leur relates de pernicieuses histoires
Qui les font frissonner du désir de te suivre

Et quand j'y pense pense pense
De rage je balance
Des coups de pieds dans les feuilles
Je m'entraîne aux écueils
J'ai l'alarme à l'oeil
Et quand j'y pense pense pense
D'emblée je séquence
Je reste sur le seuil
D'une vie en trompe-l'œil
Et j'ai la larme à l'œil

Et puis souvent je sens cachée dans le brouillard
Emerger la puissance d'un orgueil impatient
De dresser le drapeau symbole de ta victoire
Souvent je sens tes dents se planter dans le temps
Souvent  je m'étends à côté du dortoir
Et j'écoute simplement la pression des ressorts
Terrassés sous l'effort de vos échappatoires
Et le timbre grinçant  et confus de vos corps

Et quand j'y pense pense pense
De rage je balance
Des coups de pieds dans les feuilles
Je m'entraîne aux écueils
J'ai l'alarme à l'oeil
Et quand j'y pense pense pense
D'emblée je séquence
Je reste sur le seuil
D'une vie en trompe-l'œil
Et j'ai la larme à l'œil

Et quand j'y pense pense pense
De rage je balance
Des coups de pieds dans les feuilles
Je m'entraîne aux écueils
J'ai l'alarme à l'oeil
Et quand j'y pense pense pense
D'emblée je séquence
Je reste sur le seuil
D'une vie en trompe-l'œil
Et j'ai la larme à l'œil

Souvent je me défends de garder en mémoire
Des images d'amants et d'anciens jeux de rôle
Trop souvent je surprends dans l'œil de mon miroir
Les affres d'un regard échappé au contrôle

Et quand j'y pense pense pense
De rage je balance
Des coups de pieds dans les feuilles
Je m'entraîne aux écueils
J'ai l'alarme à l'oeil
Et quand j'y pense pense pense
D'emblée je séquence
Je reste sur le seuil
D'une vie en trompe-l'œil
Et j'ai la larme à l'œil

Et quand j'y pense pense pense